|
|
Verre et vol Bordeaux C’est vraiment bien, cette idée de vous demander ce que vous prendrez comme vin juste après le décollage, quelques minutes après être monté à bord et un verre de Laurent-Perrier millésimé 1999. Où sommes-nous ? Sur Qatar Airways, en route pour Doha. Pas de voisin pour trinquer ? Si, si, un anglais très poli qui va rapidement engager la conversation, intrigué lui aussi par les allées et venues du personnel de bord qui vient s’assurer que tout va bien, que je suis bien installée, que le champagne est assez frais, que si j’ai besoin de quelque chose je n’ai qu’à demander… Alors, après le décollage, je prendrai volontiers un verre de Château Dassault 2003. Mon voisin, qui est grand, semble très satisfait de la taille des sièges. Pour vous qui lisez cet article en vous demandant ce que je vais bien pouvoir inventer cette fois encore, et bien, je vais imaginer que c’est vous qui êtes à ma place. Vous serez donc très confortablement installé (et je ne suis « qu’en » business class), les fauteuils sont larges tout comme l’espace entre les sièges, et j’essaie…oui, on peut s’allonger. J’irai faire un tour en first pour vous un peu plus tard. Sur certains longs courriers, vous apprécierez, j’en suis certaine, le « foot massage bar ». Cela ne vous rappelle rien ? Il n’est peut-être pas si loin le temps où je ne vous parlerai plus que de massages et autres soins spécifiques en vol, car une nouvelle époque arrive : celle des « super spas volants ». Et si la nouvelle bataille entre Airbus et Boeing avait commencé, pour obtenir le leadership du « best spa on board of the world 2010 » ? Mais il est encore question, pour quelque temps, que je vous parle de la carte des vins à bord. Vous aimerez ici le large choix de vins des « Old et New World ». Comme un très expressif sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande, Marlborough Hunter’s 2006, plus, d’après mon voisin, le Chassagne-Montrachet du Domaine Bachelet 2004 parfait en vol, le Château Dassault dont je vous ai déjà parlé, un Bolgheri Superiore Arnione, Campo Alla Sughera 2004, joli mélange de cabernet-sauvignon, cabernet franc, merlot et petit verdot, et, pour finir cette exhaustive carte, une icône de vin australien, un shiraz de Wrattonbully, Hollick 2004. Non, je n’ai pas trop bu, j’ai juste goûté pour vous et demandé un peu d’aide à…mon voisin.
Le vol pour Doha n’est pas très long, alors il faut faire vite pour choisir parmi les quarante films proposés, et ne pas attendre la fin du déjeuner pour appuyer sur « play » : buffet de hors-d’œuvre méditerranéen, raviolis au shitake et sauce au curry vert, assiette de fromage et apple crumble tiède. Un expresso pour ne pas sombrer tout de suite dans les bras de Morphée, et le voyage se termine déjà. Le retour sera aussi agréable avec un passage par le somptueux lounge de départ, uniquement accessible si vous voyagez en business ou en first class. Mais je devrais plutôt dire le « terminal-lounge » : il est loin le temps où une petite pièce vous permettait de vous isoler et de vous sentir privilégié.
Patricia Lepic
|
||