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Nouvelle-Zélande, le pays du sauvignon blanc Peu de pays viticoles sont aussi intimement liés à un cépage que l’est la Nouvelle-Zélande au sauvignon blanc. Ce dernier a trouvé dans la vallée de Malborough un terroir de prédilection, et une expression unanimement reconnue dans le Nouveau comme dans l’Ancien monde. Pour un Européen, il n’y a pas de destination plus lointaine que la Nouvelle-Zélande. De ce pays, grand comme le Royaume-Uni, on ne connaît souvent que l’élevage de moutons et les All Blacks, la mythique équipe nationale de rugby. C’est évidemment réducteur pour un pays dont ceux qui l’ont visité sont revenus enchantés par la beauté des paysages et la richesse de la culture.
Géographiquement, la Nouvelle-Zélande est divisée en deux parties, l’île du Sud et l’île du Nord. Elle s’appelle aussi Aotearoa (« pays du long nuage blanc » en langue maori) en raison de ses sommets éternellement enneigés au sud et des fumées blanches de ses volcans au nord. Les Néo-Zélandais aiment dire que le pays comprend également une troisième île, l’Australie. Mais il s’agit plus d’une proximité culturelle, les deux pays étant distants de 2000 kilomètres et n’ayant rien de commun géologiquement. L’amateur de vin constatera surtout que les deux îles s’étirent du 35e au 45e parallèle et sont baignées par une mer froide, ce qui leur confère le climat le plus européen de tous les vignobles du Nouveau Monde. Concrètement, la fraîcheur du climat induit une maturation lente du raisin qui conserve ainsi toute sa fraîcheur et sa complexité aromatique. L’image de vin européen produit dans le Nouveau monde convient particulièrement bien à un pays où la mixité culturelle est de règle. En effet, la culture polynésienne, et plus particulièrement maori, a non seulement résisté à la colonisation mais a tissé avec la culture européenne des liens forts. L’exemple le plus évident se retrouve dans le célèbre haka pratiqué par les All Blacks avant les matchs de rugby, mais on est frappé de voir la permanence des noms géographiques maoris ainsi que la pratique du tatouage, qui touche toutes les couches de la population y compris les dirigeants d’entreprise.
Le creuset de la Vallée de Marlborough
Si la viticulture est évidemment un apport européen, plusieurs domaines sont aujourd’hui exploités par des Maoris. Les premiers vignobles furent plantés par le Révérend Samuel Mardsen, en 1819 dans l’île du Nord, pour une production de vin qui resta longtemps confidentielle. Ainsi, en 1960, le vignoble néo-zélandais couvrait moins de 400 hectares. Son développement fut hasardeux en raison de la richesse du sol et de nombreuses précipitations, deux facteurs qui permettent à la vigne de produire beaucoup trop de raisins pour que ceux-ci soient bons. La piètre qualité des vins produits engendra, dans les années 80, une crise économique suivie d’une reprise en main qualitative des pratiques viticoles. C’est à ce moment-là que la Vallée de Malborough commença d’apparaître comme l’un des plus grands terroirs au monde pour la production de vins frais et aromatiques. Située à la pointe Nord de l’île du Sud, son climat frais, ensoleillé et venté convient à merveille aux cépages chardonnay, sauvignon et pinot noir. En effet, elle présente l’originalité de voir se succéder de longues journées ensoleillées durant lesquelles la température ne dépasse pas 30°, et des nuits fraîches qui permettent une accumulation des sucres sans perdre la fraîcheur caractéristique des vins néo-zélandais. S’il existe aujourd’hui de nombreuses régions viticoles en Nouvelle-Zélande comme Hawkes Bay, Gisborne ou Central Otago, aucune n’arrive à rivaliser en notoriété et en qualité avec la Vallée de Marlborough.
Finalement, le sauvignon
Le premier producteur à avoir planté du sauvignon dans la vallée de Malbourough en 1973 fut Montana, la première entreprise viticole de Nouvelle-Zélande puisqu’elle commercialise près de 60 % des vins du pays. La notoriété du sauvignon blanc néo-zélandais ne lui est cependant pas imputable. Ce privilège revient à l’Australien David Hohnen, le magicien du cabernet-sauvignon de la Margaret River, où il a fondé le domaine Cape Mentelle. En 1985, celui-ci prit pied dans la vallée de Malbourough pour créer le domaine de Cloudy Bay, du nom donné à la vallée de Marlborough par le capitaine Cook. De nombreux cépages y furent testés avant que l’œnologue Kevin Judd ne concentre ses efforts sur le sauvignon blanc, dont il a fait une star mondiale. « Ma conception de l’œnologie est très simple. Elle consiste d’abord et avant tout à préserver les arômes du raisin en vinifiant dans des cuves en acier inoxydable qui ne vont conférer aucun arôme supplémentaire, et en contrôlant la température afin que les arômes ne soient pas brûlés durant la fermentation alcoolique » explique-t-il. « En effet, le sauvignon blanc présente ici une fabuleuse palette aromatique au sein d’une même grappe. Les baies exposées au soleil sont petites et dorées avec un petit goût de melon, d’ananas et de fruits de la passion alors que les baies côté ombre sont d’une couleur un peu gris-vert avec un goût acidulé de citron et de groseille. Mon travail consiste à restituer dans la bouteille la formidable diversité de saveurs du raisin dans les vignes ».
Le dogme de Cloudy Bay souffre cependant une exception avec la production confidentielle d’un sauvignon blanc baptisé Te Koko, vinifié puis élevé durant 18 mois en fût de chêne. On retrouve là une caractéristique classique des vignobles du Nouveau Monde, la capacité à tester de nouvelles pratiques. C’est ainsi que le vignoble néo-zélandais s’est largement converti à la capsule à vis, un mode de bouchage encore jugé iconoclaste, mais qui présente l’avantage de préserver les arômes de fruits et la vivacité du vin.
Avec 14 000 ha plantés sur les 27 500 ha du pays, soit approximativement la taille du vignoble alsacien, la Vallée de Malborough ne recèle plus beaucoup de terroirs vierges, si ce n’est quelques coteaux gélifs. De plus, elle souffre d’un déficit en eau qui limite son développement quantitatif. Les producteurs sont donc condamnés à produire mieux à défaut de plus, une quête qualitative qui passe actuellement par des pratiques de plus en plus respectueuses de l’environnement pour le plus grand plaisir des gourmets citoyens !
Thomas Gueller
Quelques producteurs à ne pas manquer
Cloudy Bay
Le domaine qui a fait connaître le sauvignon blanc néo-zélandais, et dont les vins sont aujourd’hui considérés comme les plus grands vins blancs au monde. Une notoriété qui a un prix mais quand on aime… À découvrir également, Pelorus, un sparkling wine à base de chardonnay qui fait rimer élégance et pétillance.
www.cloudybay.co.nz
Kim Crawford
Les Crawford, Kim et Erica, ont été les pionniers néo-zélandais de la « winerie virtuelle » en vinifiant dans les caves de vignerons sélectionnés. Ils ont aujourd’hui bâti leurs propres wineries dans la région d’Hawke’s Bay et dans la Vallée de Malborough où ils vinifient un sauvignon blanc de notoriété internationale.
www.kimcrawfordwines.co.nz
Clos Henry
La maison familiale Henri Bourgeois est depuis dix générations un producteur renommé de Sancerre. Sans aucun a priori, les Bourgeois père et fils ont investi en Nouvelle-Zélande pour créer le Clos Henri. La dégustation comparative de leurs sauvignons ou pinots noirs de Sancerre et de la Vallée de Malborough prouve à la fois leur talent de vigneron et les qualités respectives de chacun de ces deux terroirs.
www.bourgeois-sancerre.com
Herzog Wines
La famille Herzog a quitté la Suisse car Hans ne pouvait y donner sa pleine mesure de vigneron. Ce passionné prouve que le pinot noir qu’il magnifiait du côté de Zurich a toute sa place en Nouvelle-Zélande. Il en a profité pour produire aussi de fabuleux chardonnay, viognier, pinot gris, mais pas de sauvignon bien que son domaine soit en plein cœur de la Vallée de Malborough ! Sa femme Therese, qui tenait un restaurant de renom en Suisse, exploite aujourd’hui au sein de l’exploitation un restaurant devenu incontournable.
www.herzog.co.nz
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