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Going back from San Francisco with a glass of Shiraz
Welcome Aboard ! Je pose un pied dans l’avion et quitte ainsi les immenses vignobles de La Sonoma et de la Nappa Valley. Un séjour éclair qui me permet de vous raconter mon voyage de retour, avec une compagnie américaine qui reçut voici trois ans les honneurs du très prestigieux prix de la Meilleure Carte des Vins en Première Classe, dans le cadre des prestigieux Cellars in the sky Awards 2006, organisés par les magazines britanniques Business Traveller et Wine & Spirit Magazine. Ouf, me voilà rassurée !
Siège inclinable à l’horizontale, commandes électroniques pour ajuster le soutien lombaire, avec 6 positions différentes pour moduler le siège selon vos souhaits. Encore plus rassurée ! Sur le Boeing 767, dans lequel je me trouve, la console vidéo individuelle est portable et je peux l'installer dans le dossier du siège devant moi, la poser sur la tablette ou sur mes genoux, pour regarder le programme de mon choix dans la position la plus confortable possible. Ce long voyage s’annonce bien. Également présente, la prise de raccordement pour ordinateur portable et un téléphone par satellite « pour travailler efficacement » précise la brochure. Je tiens à préciser que je n’ai jamais vu personne passer des coups de fil en plein vol, et me suis même toujours demandé pourquoi ce service était proposé depuis déjà un certain temps sur de nombreuses compagnies. J’imagine donc qu’un jour, je surprendrai mon voisin, cet inconnu dont je vous parle à chaque voyage, en pleine conversation ultra-importante et confidentielle à 30 000 pieds d’altitude. Compte tenu du bruit la discrétion semble plutôt improbable, il s’époumonerait pour faire comprendre à son Big Boss que « promis, ce sera rectifié à son arrivée ». Mon écran sur les genoux, et les écouteurs avec réducteur de bruit Bose sur les oreilles, je « sirote » une coupe de Nicolas Feuillatte Brut Réserve Particulière avec un antipasto de fromage mariné.
Nous avons décollé, et il est grand temps que je vous parle de mon voisin. Une fois n’est pas coutume : je le connais. Je n’essayerai donc pas de découvrir sa nationalité en épiant par-dessus son épaule magazines ou livres qu’il lira peut-être, et il ne me demandera pas non plus ce que je suis allée faire à San Francisco. L’opportunité de ce retour en France dans ce même avion me permettra de le mettre à contribution pour tester les vins, et la tâche sera assez simple car il adore le vin : nous sommes en présence d’un grand amateur. Le déjeuner commence pour moi par un verre de Pouilly-Fumé Les Caillottes de Fournier, une famille de vigneron qui fait également du Sancerre et un Menetou-Salon que j’aime beaucoup. Mon voisin, lui, goûte un vin du nord-ouest de l’Espagne, un Val do Sosego Albarino. Je lui demande de goûter le Pouilly-Fumé pour avoir un deuxième avis : « Très bon mais un peu trop fruité pour moi, c’est un vin de filles ! ». Le voyage s’annonce donc sur une note un peu machiste, - no comment ! - accompagnée d’une assiette de crevettes marinées et grillées, de truite et saumon fumés servis avec une sauce moutarde aux câpres. Les petits pains sont tout chauds. Suivront un jarret d’agneau rehaussé d’une sauce tomate et servi avec des haricots verts. Et un risotto aux champignons pour mon voisin et un plat de tortellini farcis aux trois fromages garnis d’une sauce aux champignons, à la mozzarelle et au parmesan, pour moi. Le tout absolument délicieux, et mon voisin ne tarit pas d’éloge sur ce repas. Pour une fois que je ne suis pas seule à faire des compliments sur ces services à bord ! Et comme une fois n’est pas coutume, je complimente sincèrement American Airlines, car à l’aller les repas étaient tout aussi copieux et délicieux. J’en oublie presque la petite salade de légumes frais assaisonnés d’une légère sauce César. Passons au vin rouge : pour moi, un verre de Haut Médoc Château Belgrave, un vignoble situé en bordure des terres de Saint-Julien, et pour mon voisin, un verre (en fait ce sera deux !) de Shiraz Explorateur de Colonial Estate, un vignoble créé en 2002 comme étant le petit frère du Château Teyssier de Saint-Émilion. Et là encore, le prix remporté plus haut est justifié, ces vins sont excellents. Le personnel de cabine, avec qui j’échange quelques mots sur les vins servis à bord, semble très concerné par le sujet et m’explique longuement comment la sélection des vins et des menus est faite, élaborée par des chefs parmi les plus renommés et reconnus des Etats-Unis. Connu sous le nom de American Airlines Chefs’s Conclave, ce groupe de chefs se réunit régulièrement depuis 1989 pour discuter des tendances culinaires et créer constamment des plats nouveaux. Le chariot qui arrive maintenant nous propose une coupe de glace à la vanille avec au choix de la sauce au chocolat, de la sauce au caramel ou aux baies rouges, de la crème fouettée et des noix de pécan. Pour terminer ce festin, mon voisin se laissera tenter par un verre de Porto Graham’s 20 ans d’âge (un truc d’homme !).
Une couette douillette et un oreiller moelleux sont installés. Dans peu de temps, le vin et l’altitude aidant, je souhaiterai une bonne nuit à mon voisin. Avant que les bras de Morphée m’emportent, un petit mot du commandant nous présente l’équipe qui nous transporte et prend soin de nous en cabine. En précisant, à l’annonce des noms des co-pilotes, que nous sommes entre les mains de « very highly experienced co-pilots » : nous sommes là parfaitement rassurés !
Patricia Lepic
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